Librairie Alexis Noqué
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Henri Beyle, known as Stendhal
Autograph letter signed, Stendhal to Marshal Gouvion-Saint-Cyr
Autograph letter signed, Stendhal to Marshal Gouvion-Saint-Cyr
1819
Vendu
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STENDHAL (Henri Beyle). Autograph letter signed, Thuellin (Isère, France), March 20, 1819, to Marshal Gouvion-Saint-Cyr.
4 pages, 4to. Exceptional and historically important letter in which Stendhal gives a detailed first-hand account of his military campaigns under the First Empire (from Marengo to Moscow) and pleads for the reinstatement of his suspended half-pay as former adjoint to the commissaires des guerres.
Published in: Stendhal, Correspondance I, 1800–1821, Paris, NRF, 1962, letter no. 671, pp. 958 ff.
In this long and remarkably explicit petition, Beyle recalls his service as sub-lieutenant in the 6th Dragoons, adjoint to the commissariat, and auditor at the Conseil d’État (War Section), mentions his missions during the Russian campaign (Orcha and Bobr), the loss of his possessions during the retreat from Moscow, and explains how his half-pay of 900 francs was suspended in 1817 for administrative reasons. Reduced to working as a travelling salesman between Lyon and Milan, he asks the Minister both for payment of the arrears and for authorisation to receive his pension without being forced to reside permanently in Grenoble.
A document of major importance for Stendhal's biography and for the history of the Napoleonic aftermath.
« Monseigneur,
Après avoir fait douze campagnes et avoir perdu le peu que j'avais à la retraite de Moscou, pendant laquelle j'ai rempli une mission importante à Orcha et à Bobr, je me trouve sans ressources. Il ne me reste au monde qu'une demi-solde de 900 fr. comme adjoint au commissaire des guerres, nommé à Koenigsberg en 1807. M. l'intendant militaire de Grenoble a suspendu cette demi-solde depuis le mois d'octobre 1817, et ce, parce que je ne pouvais pas me trouver à Grenoble, tous les mois à jour fixe. Je réclamai et n'obtins pas de réponse. Depuis 1814, j'ai été fort mal vu par les autorités de Grenoble, et comme forcé à m'expatrier, tout cela parce que j'avais été envoyé à la 7e division militaire en décembre 1813 (voir le Moniteur du 26 décembre 1813). J'avais cherché par tous les moyens à empêcher l'invasion du territoire français ; j'avais contribué à un appel aux anciens militaires dauphinois, et, alors, M. le baron Rostaing était employé à Grenoble. Je n'ai jamais eu qu'à me louer de messieurs les intendants militaires de Grenoble. Mais je compris que M. le baron Rostaing étant employé à Paris, j'avais peu d'espoir d'obtenir une réponse à mes réclamations. Par surcroît de disgrâce, je me trouvais à Grenoble lors de l'affaire Didier, à laquelle j'étais parfaitement étranger. je vis que je n'avais plus d'autre ressource que de m'expatrier. Comme je me trouvais savoir l'anglais et l'italien, j'obtins une place de commis-voyageur dans la maison Robert frères de Lyon et Milan. Ces messieurs anciens militaires, me donnent un appointement de 1.500 fr.
Je renouvelle maintenant la réclamation à laquelle il n'a pas été répondu dans le temps. Je supplie très humblement votre Excellence de faire vérifier au bureau de la cavalerie et à celui des commissaires des guerres si je n'ai pas fait douze campagnes depuis Marengo jusqu'à Moscou en qualité de sous-lieutenant au 6e régiment de dragons, d'adjoint aux commissaires des guerres et d'auditeur au Conseil d'État, section de la guerre. Je suis bien connu de M. le général Michaud, dont j'ai été aide de camp, de M. le général Mathieu Dumas, qui m'a employé dans Moscou, et de M. le comte Daru. J'ai été à la section de la guerre de 1811 à 1814, lorsque Son Excellence Monseigneur le Maréchal Gouvion-Saint-Cyr était conseiller d'État à la même section.
Maintenant je me trouve absolument sans ressources autres que ma petite place dans le commerce. Le corps des Commissaires des guerres étant supprimé, je suis dans une position différente de celle de messieurs les officiers à demi-solde qui, d'un jour à l'autre, peuvent être remis en activité.
A ces titres, je supplie Votre Excellence :
1° De décider que je toucherai à Grenoble l'arriéré de la demi-solde d'adjoint aux commissaires des guerres à partir du 1er octobre 1817.
2° De m'accorder un congé afin que dorénavant je puisse toucher cette demi-solde sans être toujours présent à Grenoble, ou du moins en me présentant une fois par an. Cette présence à Grenoble me coûtera annuellement 3 ou 400 francs; mes affaires comme commis-voyageur de la maison Robert me retiennent toute l'année sur les grandes routes de Lyon à Milan, Livourne, Naples.
Je reconnais que j'ai besoin d'un peu de grâce; mais l'État ne pouvant donner à un Français de trente-six ans et qui sert depuis l'âge de dix-sept ans, qu'un secours de 900 fr., voudra-t-il m'empêcher de faire un métier pour vivre, surtout l'État ayant supprimé le corps dans lequel ce Français servait ? Si la pension suffisait à le faire vivre, ou si le corps n'était pas supprimé, le cas serait différent. J'ose donc espérer qu'en considération des douze campagnes que j'ai faites, Votre Excellence daignera m'accorder le payement de 900 fr. par an, montant de la demi-solde qui m'est due comme adjoint aux commissaires des guerres depuis 1807.
Je suis, avec un profond respect, Monseigneur, de Votre Excellence, le très humble et très obéissant serviteur.
L'adjoint aux Commissaires des Guerres,
H. Beyle.
M. Beyle, adjoint, à Grenoble,
Grande-Rue-Neuve, n°13 »
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