Librairie Alexis Noqué
N° de référence:0792
Joseph Bonaparte
Brouillon autographe, J. Bonaparte au maréchal Clauzel
Brouillon autographe, J. Bonaparte au maréchal Clauzel
1840
Impossible de charger la disponibilité du service de retrait
BONAPARTE, Joseph (1768-1844), Brouillon autographe, au maréchal Bertrand Clauzel (1772-1842), Londres, 26 mai 1840.
4 pages In-4 (225 x 190 mm).
Magnifique témoignage du frère de l'Empereur - "l'homme que j'ai le plus aimé" - sur les fonds secrets confiés par Napoléon en 1815 - et sur leur usage en 1840, au moment du retour des cendres.
"Londres 26 mai 1840
à Monsieur le Maréchal Clausel
Président et rapporteur de la Commission de la Chambre des députés.
Mon cher Maréchal,
J'ai lu votre rapport relatif aux honneurs à rendre à la mémoire de l'Empereur ;
J'ignore si vous avez su qu'en 1815 l'Empereur m'avait remis plusieurs millions en descriptions et délégations provenant de sa liste civile, et à M. Fergaux chambellan de service, associé de la maison Lafitte, quatre millions en or la veille de son départ de Paris pour la malmaison, arrivés à Rochefort, décidés à aller en amérique, sur deux navires différents, il désira que je ne mis à la voile qu'après que j'aurai su qu'il aurait échappé à [la surveillance de] l'escadre anglaise.
Je lui demandai l'usage que je devais faire des millions en description que j'avais déposés chez M. Clari mon beau-frère. J'espère que nous nous reverrons en amérique, mais s'il était écrit que nous ne dussions nous voir que dans l'autre Monde, eh ! bien mon ami, tu en feras l'usage que tu jugeras que j'en ferai moi même si je me trouvais en ta place et que tu fasses dans la mienne.
Les 4 millions en or, dont il me montra la reconnaissance, il en a disposé sur la maison Lafitte, par son testament les 6 millions en papier échapperont à la surveillance de la police enfermés dans un coffre fort et enterrés par les soins de M. Clari et de son fidèle secrétaire m'ont été remis ici à Londres en 1832, à mon 1er retour d'amérique -, j'ai disposé d'une grande partie de ces effets (ils sont porteur / [?] aux intentions présumées de l'Empereur il en reste 4 millions, mon frère lucien recut directement de l'Empereur 2 millions de sa liste civile [?]. Sur les 4 millions dont je puis disposer, j'affecte un million pour les nobles débris de la garde impériale et un million pour [?].
Convaincu que Napoléon aurait senti comme moi et aurait fait ce que je fais aujourd'hui, Lui qui savait bien que l'on est en dernière analyse, la sueur du Pauvre et le Sang des braves, si nous devons nous revoir dans l'autre monde Napoléon approuvera l'usage que je fais de sa confiance : je compte sur vous Mon cher Général, pour présenter convenablement l'hommage dévoué de mes sentiments au pays dont les sympathies pour l'homme que j'ai le plus aimé.
J'ai écrit."
Alors que le projet de loi sur un "crédit de un million pour la translation des restes mortels de l'Empereur Napoléon à l'église des Invalides pour la construction de son tombeau" à la chambre le 25 et 26 mai 1840, dont le maréchal Bertrand Clauzel est alors rapporteur de la Commission parlementaire, Joseph Bonaparte lui écrit alors en lui détaillant les millions confiés par l'Empereur à la veille de la chute.
Ratures, corrections et manques liés à l'encre.
Partager
