RÉF. 0224
Lettre autographe signée, Littré
État de conservation
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LITTRÉ, Émile (1801-1881), L.A.S. "E. Littré", Bordeaux, 18 février 1871.
4 pages In-8 (170 x 105 mm).
Importante lettre rédigée deux semaines après la fin de la guerre franco-allemande, où Littré raconte son installation à Bordeaux, sa nomination par Gambetta à l'Ecole Polytechnique, son élection à l'Assemblée et les épreuves du moment.
"Cher Monsieur
Je pensais continuellement à vous. Enfin je sais que vous avez échappé aux périls et aux souffrances. Ce n'est rien [?] satisfaction, si l'on peut donner le nous de satisfaction à ce que l'on éprouve en ces horribles temps.
Je vous remercie des nouvelles de Mme Comte. Je n'en ai pas eu depuis l'[?] de Rouen. Les communications postales ne sont pas encore rétablies entre Bordeaux et la Seine-inférieure. Quand elles seront rétablies, je lui écrirai.
Quand la délégation du gouvernement arriva à Tours, je me mis à la Déposition pour quoi qui le fût qu'un vieillard pourrait faire M. Gambetta me répondit par une excellente lettre ; mais, [?], on ne m'envoya pas. Toutefois, au commencement si j'envie -, M. Gambetta me nomma, professeur d'histoire à l'Ecole polytechnique provisoirement établie à Bordeaux. Un homme doit tenir sa parole.
Je la tiens, en effet, et je me rendis à Bordeaux de Saint-Brienne, avec ma femme et ma fille. C'est à cette façon que je me suis trouvé dans cette ville loin des élections.
J'ai analysé le mandat que m'ont donné les Parisiens, et je siège à l'assemblée, ne croyant pas qu'en [?] on puisse [?] - un fardeau, quel qu'il soit. Et, pour moi, ce mandat est un fardeau bien lourd. L'avenir reste toujours obscur et menaçant ; [?] pas quitter le poste que l'on m'assigne.
Vous, vous n'avez pas les mêmes [?] que mon [?] ( vous en France, où irez-vous chercher un ciel meilleur ? En tout cas, nous nous reverrons, et nous aurons ensemble des entretiens.
Quand à mon état, je ne suis pas malade, mais je souffre horriblement ; et, pour tout Dire, la preuve le chagrin ne tue pas, c'est que je ne suis pas mort.
Je vous serre la main, et à tous nos amis. J'ai vu M. Massol, je n'ai pas vu M. Castelnau.
E. Littré".
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