Glossaire du bibliophile

Maroquin

Cuir de chèvre tanné, épais, souple et résistant, caractérisé par un grain régulier et bien apparent. Considéré comme l’un des matériaux les plus nobles de la reliure, il se prête particulièrement à la dorure et fut privilégié pour les reliures de luxe et les décors élaborés.

Le maroquin doit son nom au Maroc, d'où les peaux de chèvre tannées au sumac arrivaient en Europe par l'Espagne et l'Italie dès le XVIe siècle. Les relieurs de François Ier et de Grolier l'adoptent pour les reliures de luxe, et il ne quitte plus le premier rang : les ateliers royaux du XVIIe siècle, Padeloup, Derome et les Bozerian au XVIIIe, Thouvenin, Trautz-Bauzonnet et Marius Michel au XIXe, puis les grands relieurs du XXe siècle l'emploient pour leurs décors les plus ambitieux. Selon le grain et l'apprêt, on parle de maroquin à long grain, à grain écrasé ou du Levant. Le maroquin janséniste, lui, ne désigne pas un grain mais un décor : une reliure en maroquin sans aucun ornement, dont la sobriété fait tout le prix.

Le libraire reconnaît le maroquin à son grain naturel, régulier, en petits grains ronds, à sa souplesse et à sa résistance ; il en décrit la couleur, le grain, la qualité de la dorure et, pour les reliures anciennes, la fraîcheur des teintes, les maroquins rouges et citron du XVIIIe siècle ayant souvent passé. Une reliure en plein maroquin d'époque, signée ou attribuable, ajoute considérablement à un exemplaire ; une reliure en maroquin moderne sur un livre ancien se juge sur la qualité de l'ouvrage du relieur.

Les confusions portent sur les cuirs voisins : le chagrin, peau de chèvre ou de mouton au grain artificiel plus serré et plus dur, souvent employé au XIXe siècle pour les demi-reliures ; la basane, peau de mouton lisse et fragile ; le veau, lisse et fin. Les cuirs grainés mécaniquement imitant le maroquin, fréquents dans les reliures d'éditeur, s'en distinguent à la régularité trop parfaite du grain. Un maroquin frotté aux coiffes et aux coins, ou dont le grain s'est écrasé, se décrit avec précision.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que le maroquin ?

C'est un cuir de chèvre tanné, épais, souple et résistant, reconnaissable à son grain régulier et bien apparent. Employé depuis le XVIe siècle pour les reliures de luxe, il se prête à la dorure et aux décors élaborés.

Comment distinguer le maroquin du chagrin ?

Le maroquin présente un grain naturel en petits grains ronds, souple au toucher ; le chagrin, peau de chèvre ou de mouton au grain artificiel plus serré et plus dur, est plus courant dans les demi-reliures du XIXe siècle. Les cuirs grainés mécaniquement se trahissent par la régularité trop parfaite de leur grain.

Qu'est-ce qu'une reliure janséniste ?

C'est une reliure en maroquin dont les plats et le dos ne portent aucun ornement doré, à l'exception du titre. Le mot désigne un décor, ou plutôt son absence, et non une variété de cuir.

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