RÉF. 1001

Lettre autographe signée, Alphonse Daudet à Albert Chabrier

Type de document
Lettre autographe signée
Date
vers 1880-1885
Destinataire
Albert Chabrier
Lieu
Paris
Support
bifeuillet de papier vergé, à l'encre noire
Format
In-12 (155 x 97 mm)
Nombre de pages
1 page
Langue
Français
Siècle
XIXᵉ siècle
Particularités
Lettre mêlée de provençal

État de conservation

Très bon

300 €
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Alphonse Daudet (1840-1897), lettre autographe signée, [Paris], 3 avenue de l’Observatoire, sans date [vers 1880-1885], à [Albert] Chabrier ; bifeuillet de papier vergé, à l’encre noire.

1 page In-12 (155 x 97 mm).
Lettre intime, mêlée de provençal, où Daudet renonce à un projet de villégiature devant le chagrin de sa femme et s’en excuse auprès d’un « compatriote » qui devait y prêter son foyer.

« Cher monsieur, depuis hier ma femme se fait un tel chagrin, je la vois si désolée, que je n’ai pas le courage d’aller plus loin dans ma résolution. Je renonce à ma villégiature et vous prie d’excuser l’intrus qui est venu vous déranger si maladroitement. Nous avions eu cependant une bien rare fortune en vous rencontrant, le milieu intelligent et jeune, un intérieur charmant, soigné, tout ce qui pouvait séduire et rassurer la mère. Et tout de même elle ne fait que pleurer. Dé qué voulès qué fagué ?
J’espère que madame Chabrier, que ma femme ira voir un de ces jeudis prochains, ne nous en voudra pas trop du dérangement que nous lui avons donné. Quant à vous, monsieur, je serai heureux si, profitant du voisinage, de mon séjour forcé à Paris, vous vouliez bien continuer avec votre infortuné compatriote des relations un peu singulièrement commencées.
Adessias, moussu.
Alphonse Daudet
3. avenue de l’observatoire »

Légère trace brune en marge gauche.

Albert Chabrier (1841-1896), né à Belgentier dans le Var, professeur de rhétorique au lycée Louis-le-Grand, où Léon Daudet, fils aîné de l’écrivain, fit ses études. Daudet, né à Nîmes, le traite en « compatriote » et glisse deux phrases en provençal : « Dé qué voulès qué fagué ? » (Que voulez-vous que j’y fasse ?) et le salut final « Adessias, moussu ».

L’éloge d’un intérieur propre à « rassurer la mère » indique que le projet consistait vraisemblablement à confier un enfant au ménage Chabrier pendant l’absence des parents. Julia Daudet (1844-1940), femme de lettres elle-même, n’a pu s’y résoudre.