« Autographe », du grec, signifie écrit de la main même ; le manuscrit autographe est donc le texte d'un auteur tracé par lui, par opposition à la copie faite par un secrétaire, un copiste ou un proche, et au manuscrit dactylographié. La notion prend tout son sens avec l'imprimerie, qui fait du manuscrit l'état antérieur de l'œuvre : brouillon raturé, mise au net destinée à l'imprimeur, cahier de travail, poème recopié pour un ami. Les ventes d'autographes, nées à Paris dans les années 1820, ont fixé le vocabulaire qui sert encore : M.A. pour le manuscrit autographe, M.A.S. lorsqu'il est signé.
Le libraire décrit un manuscrit par son nombre de pages et de feuillets, son format, son support, son état de rédaction (brouillon, premier jet, mise au net), ses ratures et ses ajouts, sa signature éventuelle et sa date, puis le situe dans la genèse de l'œuvre : texte inédit, variante d'un texte publié, état définitif. L'authentification repose sur la comparaison de l'écriture avec des pièces sûres, sur le papier, l'encre, le filigrane, et sur la provenance. Un manuscrit complet d'une œuvre publiée, ou un brouillon qui révèle le travail de l'écrivain, compte parmi les pièces les plus recherchées.
On confond parfois le manuscrit autographe avec la copie d'époque de la main d'un tiers, ou avec la copie que l'auteur lui-même a fait établir et seulement corrigée : ces pièces se décrivent comme manuscrits avec corrections autographes. Le manuscrit autographe signé n'est pas davantage une lettre : la lettre est adressée à quelqu'un, le manuscrit ne l'est pas. Enfin, un texte recopié par l'auteur longtemps après sa publication reste un manuscrit autographe, mais une mise au net tardive, non un état de création.