Glossaire du bibliophile
Percaline
Toile fine de coton, apprêtée et souvent lustrée, largement employée comme matériau de couvrure au XIXᵉ siècle, notamment pour les cartonnages d’éditeur. Elle peut être unie, gaufrée, estampée ou décorée à l’or.
La percaline tient son nom de la percale, toile de coton fine d'origine indienne ; apprêtée d'amidon ou de gomme, calandrée, parfois gaufrée au cylindre, elle devient vers 1825 en Angleterre le premier tissu de reliure industriel, le « bookcloth » des éditeurs londoniens. La France l'adopte dans les années 1830 pour les cartonnages d'éditeur : percaline unie des collections courantes, percaline rouge et or des livres de prix, percaline décorée à plaques des grands cartonnages romantiques, puis les reliures polychromes de Hetzel, d'Hachette et de Mame qui font de la percaline un support de décor. Le lustre, le grain (moiré, chagriné, toilé) et la couleur varient avec les fabricants et les modes, ce qui permet de dater.
Pour le libraire, la percaline se rencontre sous trois formes : le cartonnage d'éditeur, objet d'origine contemporain du livre, dont la fraîcheur du décor et de la dorure fait toute la valeur ; la reliure en demi-percaline ou en percaline à la Bradel, reliure modeste et courante du XIXe et du début du XXe siècle, qui se décrit comme telle ; et les couvertures d'éditeur toilées des livres modernes. L'état d'une percaline se juge à l'insolation du dos, aux frottements des coiffes et des coins, aux taches, à la dorure ternie. Un cartonnage de Hetzel « au globe » ou « aux initiales » frais vaut par sa percaline autant que par son texte.
On confond la percaline et la toile de lin, plus lourde, et l'on prend des reliures de bibliothèque en percaline pour des cartonnages d'éditeur ; ces derniers sont industriels, décorés et contemporains du tirage. Les « percalines » reteintées, les dos remplacés et les plaques restaurées ou refaites existent sur les cartonnages romantiques les plus chers : la cohérence du grain et de la dorure se vérifie.
Dans le catalogue
Termes liés
Cartonnage d'éditeurReliure à la BradelDemi-reliurePlatsDos lisseFers
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la percaline ?
C'est une toile fine de coton, apprêtée d'un enduit qui la rend lisse, lustrée ou gaufrée, employée pour couvrir les livres à partir des années 1820. Elle est le matériau des cartonnages d'éditeur du XIXe siècle et de nombreuses reliures modestes.
Quelle différence entre percaline et toile ?
La percaline est une toile de coton apprêtée et souvent calandrée ; « toile » désigne plus largement les tissus de reliure, dont la toile de lin et le buckram. Les notices anglaises disent « cloth » pour les deux.
Un cartonnage en percaline a-t-il de la valeur ?
Oui lorsqu'il est l'objet lui-même : les cartonnages d'éditeur romantiques, les Hetzel à décor polychrome, les reliures d'éditeur Art nouveau se collectionnent pour leur percaline décorée, et leur fraîcheur fait leur prix.
Références
Sophie Malavieille, Reliures et cartonnages d'éditeur en France au XIXe siècle (1815-1865), Paris, Promodis, 1985.
Roger Devauchelle, La Reliure en France de ses origines à nos jours, Paris, Rousseau-Girard, 1959-1961, 3 vol.
Louis-Sébastien Le Normand, Manuel du relieur, Paris, Roret, 1827 (Gallica).
Language of Bindings Thesaurus, Ligatus, University of the Arts London : https://www.ligatus.org.uk/lob/
Pascal Fouché et al. (dir.), Dictionnaire encyclopédique du livre, Paris, Cercle de la Librairie, 2002-2011.