Glossaire du bibliophile

Reliure à la Bradel

Reliure dont le dos, lisse et légèrement bombé, n'est pas collé au dos des cahiers : une gorge creusée entre le dos et les plats laisse le livre s'ouvrir à plat. Nommée d'après une famille de relieurs parisiens de la fin du XVIIIe siècle, elle est d'abord un cartonnage provisoire avant de devenir une reliure de bibliophile.

La reliure à la Bradel porte le nom d'une famille de relieurs parisiens active à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe, dans l'orbite de l'atelier Derome ; la base Reliures de la Bibliothèque nationale de France connaît un François-Paul Bradel (1757-1827), et l'on cite aussi un Alexis-Pierre Bradel, dit Bradel-Derome. Lequel a donné son nom à la structure reste discuté, et l'origine de la technique est allemande : Le Normand, dans son Manuel du relieur de 1827, la décrit sous le nom de « cartonnage allemand, dit à la Bradel ». Le principe est simple : le corps d'ouvrage est monté dans une couverture dont les cartons sont séparés du dos par une gorge, si bien que le dos de la reliure ne touche pas le dos des cahiers. D'abord cartonnage provisoire recouvert de papier ou de percaline, la Bradel devient au XIXe et au XXe siècle une reliure à part entière, en demi-toile, en demi-maroquin ou en pleine peau.

La Bradel se reconnaît à l'ouverture, qui s'opère sans forcer, et à la gorge visible le long des plats ; les mors y sont moins sollicités que dans une reliure emboîtée classique, d'où sa bonne tenue dans le temps. Pour un livre moderne, une Bradel signée d'un atelier, en demi-maroquin à coins avec dos lisse et titre doré, est une reliure de bibliophile sobre et recherchée, surtout lorsqu'elle conserve les couvertures et le dos d'origine. La notice en décrit la matière, la couleur, le titrage et l'état de la gorge et des mors.

On prend parfois la Bradel pour un simple cartonnage d'éditeur : la structure est proche, mais le cartonnage d'éditeur est industriel et contemporain de la publication, quand la Bradel de bibliophile est l'œuvre d'un atelier, souvent postérieure au livre. On la confond aussi avec toute reliure à dos lisse, alors que c'est la gorge, et non l'absence de nerfs, qui la définit. Une Bradel dont la gorge s'est affaissée ou dont le dos s'est décollé présente un défaut de structure, à signaler.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une reliure à la Bradel ?

C'est une reliure dont le dos n'est pas collé au dos des cahiers : une gorge sépare le dos des plats, le livre s'ouvre à plat et les mors travaillent peu. On la reconnaît à son dos lisse légèrement bombé et à cette gorge visible.

D'où vient le nom ?

D'une famille de relieurs parisiens de la fin du XVIIIe siècle, les Bradel, liés à l'atelier Derome. La structure elle-même est d'origine allemande : les manuels français de 1827 l'appellent encore « cartonnage allemand, dit à la Bradel ».

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