RÉF. 0997
Deux lettres autographes signées, Joris-Karl Huysmans à Jean-François Raffaëlli
État de conservation

Deux lettres autographes signées, Joris-Karl Huysmans à Jean-François Raffaëlli
800 €
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Joris-Karl Huysmans (1848-1907), deux lettres autographes signées à Jean-François Raffaëlli : Paris, 27 novembre 1882, sur papier vergé ; et sans lieu, 17 juillet 1890, sur bifeuillet ; à l’encre noire.
2 pages In-12 chacune (159 x 100 mm pour la plus grande).
La première console le peintre de la mort de son jeune frère, graveur exposé chez les impressionnistes. La seconde, écrite en pleine rédaction de Là-bas, annonce un voyage à Lyon auprès d’un « prêtre infâme » et raille les « galfâtres du temps présent ».
« Paris 27 9bre 82
Mon cher Raffaëlli,
La lettre de faire part que vous m’avez envoyée, m’arrive ce matin, et j’ai aussitôt pensé à une conversation que nous avons eue ensemble, à son sujet, devant ses eaux fortes, à l’une des expositions de l’impressionnisme.
Le pauvre garçon ! qui s’est senti à l’étroit dans l’abominable vie que la civilisation américaine nous a faite ! hélas combien d’autres à son âge en auraient fait autant !
Toujours est-il, mon pauvre ami, que vous voilà durement éprouvé. Recevez au moins dans l’épreuve qui vous afflige, un amical souvenir et une bonne poignée de main de votre tout et ancien dévoué
G. Huÿsmans »
« 17 Juillet 90.
Mon cher ami,
Cette semaine, ce n’est pas possible, mais je vais voir pour celle qui vient. C’est subordonné à un départ de quelques jours pour Lyon où il faut que j’aille pour voir un prêtre infâme qui est un grand ami à moi. J’attends une lettre de lui ; je ne serai fixé, comme temps libre, qu’après. Je vous écrirai.
Vous me reprochez, ô Banlieusard, d’être intangible et invisible – mais, sapristi, tâchez donc de vous insinuer en la vie de lettres. Je suis pris, du matin au soir – quand voulez-vous que je travaille, si je dîne en ville ou vais en soirée ? Je suis en plein roman, je veux avoir fini pour le mois de 9bre – Je prendrai en 8bre un congé que je passerai à Paris, pour cela – afin de donner le coup de collier nécessaire – Vous voyez, mon ami, que tout ça, ça n’est pas commode.
Et songez qu’il m’a fallu, avant de commencer ce livre, un an, pour avoir les documents. Ce que cela représente de correspondances et de courses ! il est vrai que s’il n’y avait qu’à écrire comme font tous les galfâtres du temps présent, sur n’importe quoi, ça ne serait pas drôle !
À bientôt, malgré tout, mon cher ami, et bien bien à vous
G. Huÿsmans »
Rousseurs et petite déchirure marginale sans manque à la lettre de 1882.
Son frère cadet Jean-Marius, né vers 1861, avait exposé six eaux-fortes à la cinquième exposition impressionniste de 1880, à dix-neuf ou vingt ans. Il mourut en 1882 à Kayes, au Sénégal d’alors.
Le « prêtre infâme » de Lyon est l’abbé Joseph-Antoine Boullan (1824-1893), prêtre condamné pour hérésie, qui inspira le docteur Johannès de Là-bas (1891). Sa correspondance avec Huysmans commence le 6 février 1890. Joanny Bricaud place la visite de Huysmans à Lyon à l’été 1891, soit un an après le projet de voyage dont témoigne cette lettre.
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