RÉF. 1002

Lettre autographe signée, Charles Garnier à un auteur

Type de document
Lettre autographe signée
Date
6 janvier 1867
Lieu
Paris
Support
à l’encre brune sur papier vergé, à en-tête imprimé « Ministère de la Maison de l’Empereur et des Beaux-Arts – Travaux du Nouvel Opéra – Bureau de l’Architecte »
Format
In-8 (200 x 132 mm)
Nombre de pages
2 pages
Langue
Français
Siècle
XIXᵉ siècle

État de conservation

Très bon

400 €
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Charles Garnier (1825-1898), lettre autographe signée, Paris, 6 janvier 1867, à un auteur [non identifié] ; à l’encre brune sur papier vergé, à en-tête imprimé « Ministère de la Maison de l’Empereur et des Beaux-Arts – Travaux du Nouvel Opéra – Bureau de l’Architecte ».

2 pages In-8 (200 x 132 mm).
Belle lettre de l’architecte de l’Opéra, écrite du chantier même, où Garnier félicite un auteur pour son livre sur l’art, discute sa théorie des temples antiques et l’enrôle « dans les rangs de ceux qui aiment la beauté et la vérité avant tout ».

« Cher Monsieur
Si je ne vous ai pas encore remercié de l’envoi de votre livre c’est que je voulais le lire avant tout et que les occupations de fin d’année m’ont un peu mis en retard pour cela ; mais je viens pourtant de finir la dernière page et je vous envoie tout de suite et mes remerciements et surtout mes bien sincères compliments. Tout cela est fort bien dit, fort bien pensé et il faut bien que je vous avoue que sauf une théorie qui me paraît douteuse sur la XXXX [?] des temples tout le reste me semble de la plus grande vérité et de la plus grande logique.
Vous venez de faire là un bon livre, un livre sain, consciencieux, loyal, que je recommande à tous mes confrères et puisque vous savez si bien dire les bonnes choses vous ne devez pas en rester là, vous devez prêter le secours de votre plume à notre art et tâcher de le faire un peu apprécier par la foule. Je compte donc sur vous pour combattre dans les rangs de ceux qui aiment la beauté et la vérité avant tout. [une ligne et demie biffée]
Merci donc encore de votre aimable envoi, merci pour ce que vous dites sur l’art grec et soyez certain que si je vous fais mes sincères compliments c’est que je trouve que votre livre a bien mérité des artistes.
Bien à vous
Charles Garnier »

Pli horizontal central, petite tache brune en première page, numéro d’inventaire au crayon (« 96086 ») en pied de la seconde.

Précieux témoignage du Garnier théoricien et polémiste, au seuil de l’année qui révélera l’Opéra aux Parisiens.

En janvier 1867, Garnier dirige depuis six ans le chantier remporté au concours de 1861. Il travaille dans une agence éphémère élevée rue Neuve-des-Mathurins, au plus près des travaux, d’où part cette lettre. La façade sera inaugurée quelques mois plus tard, le 15 août 1867, au milieu des fastes de l’Exposition universelle. 

Pensionnaire de la Villa Médicis, Garnier avait gagné la Grèce en 1852 en compagnie de Théophile Gautier, du peintre Alfred de Curzon et d’Edmond About. Des traces de rouge et de bleu relevées sur une métope l’avaient rangé parmi les partisans de la polychromie des temples antiques, thèse qu’il défendit au Salon de 1853 avec sa restauration du temple d’Égine. 

Le vœu de voir l’architecture « un peu appréci[ée] par la foule » annonce enfin le Garnier écrivain. Il prendra lui-même la plume deux ans plus tard avec À travers les arts. Causeries et mélanges (Hachette, 1869), puis Le Théâtre (1871), plaidoyers pour un art dont il déplorait que le public ignorât tout.