Glossaire du bibliophile

Autographe

Document écrit de la main même de son auteur, du grec autos graphein, « écrit soi-même » : lettre, manuscrit, note, envoi. Le mot qualifie le texte, non la seule signature ; une lettre autographe signée est écrite et signée par l'auteur, une lettre signée ne l'est que par la signature. Par extension, une signature ou une dédicace.

Le mot autographe entre en français au XVIe siècle, du grec autographos, « écrit de sa propre main », et s'oppose d'abord à la copie : le manuscrit autographe est celui de l'auteur, le manuscrit apographe celui d'un copiste. La collection d'autographes naît avec le XIXe siècle — les collections de Villenave et de Bérard, l'Isographie des hommes célèbres (3 volumes, 1828-1830, et un supplément en 1843) qui reproduit en fac-similé les écritures, les premières ventes publiques des années 1820 et les catalogues Charavay dès les années 1830, puis la revue L'Amateur d'autographes en 1862 — et développe un vocabulaire que les libraires emploient toujours : L.A.S., lettre autographe signée ; L.A., lettre autographe non signée ; L.S., lettre signée seulement ; P.S., pièce signée ; M.A.S., manuscrit autographe signé ; C.P.A.S., carte postale autographe signée.

Décrire un autographe, c'est dire sa nature, son auteur, son destinataire, sa date et son lieu, son format et son nombre de pages (« 2 pp. in-8 »), son support et son état, puis son contenu, qui fait la valeur : une lettre de Delacroix sur sa peinture, une lettre de la duchesse de Berry à Chateaubriand, un manuscrit de Marie Laurencin. L'authentification passe par la comparaison de l'écriture et de la signature avec des pièces sûres, par la cohérence du papier, de l'encre et des dates, par la provenance et, souvent, par la publication du texte dans une correspondance éditée.

Les pièges sont nombreux : la signature imprimée en fac-similé, la lettre dictée et signée seulement, la copie d'époque de la main d'un secrétaire, la fausse lettre « d'après l'original » qu'ont fabriquée des faussaires célèbres comme Vrain-Lucas. Le mot « autographe » pris pour « signature » entretient la confusion : un autographe de Victor Hugo est une pièce écrite de sa main, non son seul nom au bas d'une page. Les pages liées de ce glossaire détaillent chaque sigle.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un autographe ?

Au sens propre, c'est un document écrit de la main de son auteur, du grec autos graphein, « écrit soi-même » : une lettre, un manuscrit, une note, un envoi. Dans le langage courant, le mot désigne aussi une simple signature.

Quelle différence entre autographe et signé ?

« Autographe » dit que le texte est de la main de l'auteur ; « signé » dit que la signature l'est. Une lettre autographe signée (L.A.S.) est écrite et signée par l'auteur ; une lettre signée (L.S.) est écrite par un secrétaire ou dactylographiée, et seulement signée.

Un autographe a-t-il de la valeur ?

Elle dépend de l'auteur, du contenu, de la date, du destinataire et de l'état. Une lettre où un écrivain parle de son œuvre vaut plus qu'un billet de politesse, et un manuscrit de travail plus qu'une copie au net.

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