Glossaire du bibliophile
Colophon
Formule finale d'un manuscrit ou d'un livre ancien, placée au dernier feuillet, où le copiste ou l'imprimeur indique son nom, le lieu et la date d'achèvement, parfois accompagnés d'une devise ou d'une marque. Avant la page de titre, le colophon est la principale source d'identification d'une édition.
Le mot vient du grec kolophôn, le sommet, le couronnement : le colophon est la note par laquelle le copiste médiéval clôt son travail, et que les premiers imprimeurs reprennent. Le Psautier de Mayence de Fust et Schöffer, achevé le 14 août 1457, porte le premier colophon imprimé daté, avec la marque des deux associés. Dans les incunables, le colophon tient lieu de page de titre : c'est là que se lisent, en quelques lignes, l'imprimeur, la ville, la date et parfois une devise. Au XVIe siècle, la page de titre absorbe peu à peu ces informations ; le colophon se réduit, puis disparaît, avant de reparaître dans le livre de bibliophile du XXe siècle sous la forme de l'achevé d'imprimer et de la justification du tirage.
Pour le libraire, le colophon est le lieu de l'identification : sa transcription exacte, abréviations et lignes comprises, permet de rapporter l'exemplaire à une édition précise des répertoires d'incunables et de post-incunables, et d'en distinguer les émissions. Il se décrit dans la collation, avec le feuillet qui le porte, et la marque typographique qui l'accompagne se compare aux recueils de marques d'imprimeurs. Un colophon complet, sur un dernier feuillet qui n'a pas été remplacé, est une condition de l'intégrité d'un livre ancien, et son absence pèse sur la valeur.
L'erreur la plus fréquente est d'appeler colophon la mention d'imprimeur d'un livre moderne, qui est un achevé d'imprimer, ou la justification du tirage, qui indique un nombre d'exemplaires et non une date. On rencontre aussi des colophons en fac-similé, ajoutés à des exemplaires incomplets pour leur rendre un dernier feuillet : le papier et l'impression les trahissent, et la collation doit le dire. Dans l'édition contemporaine, « colophon » désigne par extension la page des mentions techniques, sans la valeur bibliographique du terme ancien.
Dans le catalogue
Termes liés
Achevé d'imprimerIncunableÉdition originaleExemplaire numérotéCollation
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un colophon ?
C'est la note finale d'un manuscrit ou d'un livre ancien, où le copiste ou l'imprimeur indique son nom, le lieu et la date d'achèvement, parfois avec une devise ou une marque. Avant l'invention de la page de titre, c'est la principale source d'identification d'une édition.
Quelle différence entre colophon et achevé d'imprimer ?
Le colophon est la formule des manuscrits et des livres anciens, souvent rédigée et parfois ornée ; l'achevé d'imprimer est sa forme moderne, réduite à une date et à un nom d'imprimeur, en fin de volume.
Références
Denis Muzerelle, Vocabulaire codicologique, Paris, CEMI, 1985 ; version en ligne IRHT-CNRS : https://vocabulaire.irht.cnrs.fr
Margaret M. Smith, The Title-Page. Its Early Development, 1460-1510, Londres, British Library, 2000.
Lotte Hellinga, Incunabula in Transit, Leyde, Brill, 2018.
Louis-Catherine Silvestre, Marques typographiques, Paris, 1853-1867 (Gallica).
Pascal Fouché et al. (dir.), Dictionnaire encyclopédique du livre, Cercle de la Librairie, 2002-2011.