Glossaire du bibliophile
Édition originale
Première publication d'un texte sous forme de livre, par opposition aux rééditions et aux éditions collectives. Pour la littérature des XIXe et XXe siècles, l'édition originale est l'objet central de la bibliophilie moderne ; son identification repose sur les bibliographies de référence, non sur la seule mention imprimée.
L'édition originale est la première publication d'un texte sous forme de livre. La notion s'impose au XIXe siècle avec la bibliophilie romantique, lorsque les amateurs se mettent à rechercher les premiers tirages de Hugo, de Musset ou de Balzac, et s'outille ensuite : Georges Vicaire décrit les originales du XIXe siècle dans son Manuel de l'amateur de livres (1894-1920), Léopold Carteret celles des romantiques dans Le Trésor du bibliophile (1924-1928), Hector Talvart et Joseph Place celles des auteurs modernes à partir de 1928, et Marcel Clouzot en donne la synthèse pratique dans son Guide du bibliophile français. Pour le livre ancien, on parle plutôt de première édition ; ses points de distinction se lisent dans Brunet et dans les bibliographies d'auteurs.
Reconnaître une originale demande de confronter l'exemplaire à sa description de référence : nom de l'éditeur, date au titre, adresse, mention d'édition ou absence de mention, nombre de pages, fautes typographiques ou cartons caractéristiques, couverture, et, pour le XXe siècle, l'achevé d'imprimer et la justification du tirage. La valeur d'une originale tient à sa rareté réelle, à l'état de l'exemplaire, à la conservation des couvertures d'origine et à ce qui s'y ajoute : grand papier, envoi de l'auteur, reliure d'époque ou reliure signée. Une originale courante en état médiocre vaut peu ; la même, sur Japon, avec un envoi à un proche, est une pièce.
L'erreur la plus répandue consiste à tenir la mention « édition originale » imprimée sur la couverture ou le faux-titre pour une garantie : beaucoup d'éditeurs du XXe siècle l'ont reproduite sur des retirages. Les fausses mentions d'édition, les « deuxième mille » composés d'avance, les exemplaires recomposés à partir de deux tirages sont le quotidien du bibliographe. On confond aussi l'originale avec la première édition illustrée, qui est une autre édition, et avec la pré-originale, première parution en revue ou en feuilleton, qui la précède.
Dans le catalogue
Termes liés
Édition pré-originaleGrand papierTirage de têteExemplaire numérotéAchevé d'imprimerTirage courantEnvoi d'auteur
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une édition originale ?
L'édition originale est la première publication d'un texte sous forme de livre. Elle se distingue des rééditions, des éditions collectives et, pour les textes parus d'abord en revue, de l'édition pré-originale.
Comment reconnaître une édition originale ?
On compare l'exemplaire à sa description dans une bibliographie de référence (Vicaire, Carteret, Talvart et Place, Clouzot) : éditeur, date, achevé d'imprimer, justification du tirage, collation, fautes ou cartons caractéristiques, couverture. La mention « édition originale » imprimée sur un livre ne suffit pas.
Une édition originale a-t-elle toujours de la valeur ?
Non. La valeur dépend de l'auteur et du texte, de la rareté réelle du tirage, de l'état et de la présence des couvertures d'origine, et de ce qui s'y ajoute : grand papier, envoi, reliure d'époque ou signée.
Références
Georges Vicaire, Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, 1801-1893, Paris, Rouquette, 1894-1920, 8 vol. (Gallica).
Léopold Carteret, Le Trésor du bibliophile romantique et moderne, 1801-1875, Paris, 1924-1928, 4 vol.
Hector Talvart et Joseph Place, Bibliographie des auteurs modernes de langue française, Paris, Chronique des lettres françaises, 1928-1976, 22 vol.
Marcel Clouzot, Guide du bibliophile français de 1800 à 1880, Paris, 1996.
Jacques-Charles Brunet, Manuel du libraire et de l'amateur de livres, 5e éd., Paris, Didot, 1860-1865 (Gallica).
Jean-Yves Mollier, L'Argent et les Lettres. Histoire du capitalisme d'édition, 1880-1920, Paris, Fayard, 1988.