Jacques-Charles Brunet (1780-1867), fils d'un libraire parisien, publie en 1810 un Manuel du libraire et de l'amateur de livres en trois volumes, qu'il refond à chaque édition jusqu'à la cinquième, « entièrement refondue et augmentée d'un tiers », parue chez Firmin Didot de 1860 à 1865 en six volumes : cinq de dictionnaire alphabétique et un de table méthodique, qui reclasse les livres par disciplines selon le système des libraires de Paris. Un supplément en deux volumes, par Pierre Deschamps et Gustave Brunet, suit en 1878-1880. Pendant un siècle, le Brunet a été la bibliographie universelle du livre rare, et il reste le point de départ pour tout livre ancien.
Brunet se cite par le tome et la colonne de la 5e édition : « Brunet, III, 1061 ». La notice identifie l'édition, en donne souvent la collation sommaire, signale les éditions recherchées, les contrefaçons et les exemplaires célèbres avec les prix atteints aux ventes du XIXe siècle. Une référence à Brunet garantit l'identification du texte et la place de l'édition dans la tradition bibliophilique ; elle ne décrit pas l'exemplaire, et sa collation, quand elle existe, est trop sommaire pour vérifier la complétude d'un livre ancien, qu'il faut établir par les signatures.
Les limites sont celles d'un ouvrage du XIXe siècle : des attributions et des datations corrigées depuis par les répertoires d'incunables, par les catalogues de bibliothèques nationales et par les bibliographies spécialisées ; des prix sans valeur actuelle ; une couverture inégale hors de France et d'Italie. On lit Brunet avec Graesse pour l'Europe, avec Tchemerzine pour les originales françaises, avec Cohen pour les livres à figures du XVIIIe siècle, et avec les bases en ligne (ISTC, USTC) pour le XVe et le XVIe siècle.