Glossaire du bibliophile
Enluminure
Décor peint ou doré d'un manuscrit : lettres ornées, bordures, miniatures, exécutés à la main sur le parchemin après la copie du texte. Le mot vient du latin illuminare, « éclairer ». L'enluminure appartient au livre manuscrit et aux premiers imprimés, dont les initiales étaient encore peintes à la main.
Le mot enluminure dérive du latin illuminare, éclairer, et désigne au sens strict le décor peint des manuscrits médiévaux : initiales ornées, bordures de rinceaux et de feuillages, miniatures en pleine page ou en vignette, dorure à la feuille posée sur assiette. L'enlumineur intervient après le copiste, dans les espaces laissés en blanc ; les livres d'heures des XIVe et XVe siècles, des Très Riches Heures du duc de Berry aux heures parisiennes produites en série, en sont la forme la plus connue.
Pour le libraire, une enluminure s'authentifie par ses matériaux et sa technique — parchemin, pigments, feuille d'or brunie, tracé préparatoire visible à la lumière rasante — et se décrit par son sujet, sa taille et son état : usures de la dorure, écaillures, retouches. Un feuillet enluminé isolé est un fragment, dont la provenance se documente ; un manuscrit complet se décrit cahier par cahier, avec le nombre et le sujet des miniatures, des initiales et des bordures. Les premiers imprimés prolongent l'usage : des incunables aux initiales peintes et aux bordures enluminées se décrivent comme tels, et leur décor s'attribue parfois à un atelier.
On confond souvent enluminure et miniature, qui n'en est qu'un élément, et l'on prend pour des enluminures anciennes des feuillets peints au XIXe siècle à l'imitation du gothique, ou des chromolithographies de livres d'heures néo-médiévaux. Une initiale « enluminée » dans un livre imprimé du XVIe siècle peut n'être qu'une gravure sur bois passée au pinceau. Enfin, le mot a été employé par les naturalistes du XVIIIe siècle pour des gravures coloriées à la main (les Planches enluminées de Buffon) : c'est un usage historique, et ces planches sont des estampes coloriées, non des enluminures.
Termes liés
LettrineIncipit (et explicit)Vélin (peau)IncunableGravure sur bois
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une enluminure ?
C'est le décor peint ou doré qui orne un manuscrit : lettres ornées, bordures, miniatures. Le mot vient du latin illuminare, « éclairer » : l'enluminure met en lumière la page, à l'or et aux couleurs.
Quelle différence entre enluminure et miniature ?
La miniature est une scène peinte, une petite image ; l'enluminure est l'ensemble du décor, dont la miniature n'est qu'un élément avec les lettrines et les bordures. Le mot miniature vient d'ailleurs du minium, le rouge des rubriques, et non de la petite taille.
Un livre imprimé peut-il être enluminé ?
Oui, pour les premiers imprimés : les incunables laissaient en blanc les initiales et les bordures, que l'on faisait peindre à la main comme dans un manuscrit. Au-delà du début du XVIe siècle, le décor peint d'un livre imprimé se décrit comme un coloris ou un rehaut, non comme une enluminure.
Références
Denis Muzerelle, Vocabulaire codicologique. Répertoire méthodique des termes français relatifs aux manuscrits, Paris, CEMI, 1985 — édition en ligne : https://codicologia.irht.cnrs.fr
Christopher de Hamel, A History of Illuminated Manuscripts, Londres, Phaidon, 2e éd., 1994.
Jonathan J. G. Alexander, Medieval Illuminators and Their Methods of Work, New Haven, Yale University Press, 1992.
François Avril et Nicole Reynaud, Les Manuscrits à peintures en France, 1440-1520, Paris, Flammarion / Bibliothèque nationale, 1993.
Base Mandragore, Bibliothèque nationale de France : https://mandragore.bnf.fr