Glossaire du bibliophile
Gravure sur bois
Estampe tirée d'une planche de bois gravée en relief : les blancs sont évidés, les parties en saillie reçoivent l'encre. Imprimée avec le texte sous la même presse, elle est la technique d'illustration des premiers livres, puis revient au XIXe siècle avec le bois de bout et au XXe avec les graveurs modernes.
La gravure sur bois précède l'imprimerie : les livres xylographiques et les images de piété du début du XVe siècle sont tirés de planches gravées en relief, et les premiers imprimeurs y trouvent une illustration qui se compose avec les caractères et s'imprime sous la même presse. Le bois de fil, taillé au canif dans une planche de poirier ou de noyer, règne du XVe au XVIIe siècle, avant d'être supplanté par la taille-douce. À la fin du XVIIIe siècle, l'Anglais Thomas Bewick grave au burin le bois de bout, coupé en travers des fibres : le trait devient fin, la planche résiste aux grands tirages, et le bois de bout devient le procédé du livre illustré romantique, interprété par des graveurs de métier d'après les dessins de Johannot, Gavarni ou Grandville. À la fin du XIXe siècle, Auguste Lepère rend l'outil aux artistes, et au XXe Masereel, Alexeïeff et les graveurs du livre d'artiste gravent eux-mêmes leurs bois.
Pour le libraire, un livre illustré de bois se décrit par le nombre, le format et l'emplacement des gravures, par la qualité du tirage et, pour les livres modernes, par l'état des épreuves et le papier : les planches romantiques tirées sur Chine et contrecollées valent mieux que celles tirées sur le papier du texte. L'usure d'un bois, ses cassures et ses fentes permettent de distinguer un premier tirage d'un retirage.
On confond gravure sur bois et gravure sur métal : le bois est en relief et s'imprime à fleur du papier, la taille-douce en creux laisse une cuvette. Les bois « gravés » des éditions de luxe du XIXe sont souvent des bois de bout interprétés par un graveur, non par l'artiste lui-même, et beaucoup de « bois » des livres de la fin du siècle sont en réalité des clichés sur zinc ou des similigravures : la notice distingue.
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Termes liés
Eau-forte (et pointe sèche)FrontispiceLettrineChine (papier)IncunableEnluminure
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une gravure sur bois ?
C'est une estampe tirée d'une planche de bois gravée en relief : le graveur évide les blancs, les parties laissées en saillie reçoivent l'encre. Le bois s'imprime avec le texte, sous la même presse, ce qui en a fait la technique d'illustration du livre jusqu'au XVIIe siècle.
Quelle différence entre bois de fil et bois de bout ?
Le bois de fil est gravé dans le sens des fibres, au canif et à la gouge ; le bois de bout, coupé perpendiculairement aux fibres et travaillé au burin, permet un trait fin et a dominé l'illustration du XIXe siècle à la suite de Thomas Bewick.
Comment reconnaître une gravure sur bois d'une eau-forte ?
Le bois donne un trait net, sans cuvette autour de l'image, et sa surface encrée est à fleur du papier ; l'eau-forte, tirée en creux, laisse le relief de la cuvette et un trait plus libre, souvent légèrement bombé.
Références
Arthur M. Hind, An Introduction to a History of Woodcut, Londres, 1935 ; réimpression New York, Dover, 1963, 2 vol.
Henri Bouchot, Les Deux Cents Incunables xylographiques du département des Estampes, Paris, Imprimerie nationale, 1902 (Gallica).
Rémi Blachon, La Gravure sur bois au XIXe siècle. L'âge du bois debout, Paris, Les Éditions de l'Amateur, 2001.
André Béguin, Dictionnaire technique de l'estampe, Bruxelles, 1977, 3 vol.
Léopold Carteret, Le Trésor du bibliophile romantique et moderne, t. III, Livres illustrés du XIXe siècle, Paris, 1927.
Henry Cohen, Guide de l'amateur de livres à gravures du XVIIIe siècle, 6e éd. revue par Seymour de Ricci, Paris, Rouquette, 1912 (Gallica).